Cette contribution est un extrait du projet associatif du Réseau Ecole et Nature (REN) sur trois points :

  • sens et valeurs,

  • organisation en réseau,

  • notre entrée pédagogique.

1/ Le Réseau École et Nature, sens et valeurs

Ce qui fonde notre identité c’est l’éducation à l'environnement – l’éducation à la nature ; et ce vers quoi nous sommes « socialement » appelés : l’écocitoyenneté et le développement durable.

Le réseau est constitué d’une diversité d’acteurs adhérents ou non se reconnaissant dans le projet associatif, les valeurs et les documents fondateurs : réseaux territoriaux, associations locales, associations nationales, enseignants, chercheurs, éducateurs, professionnels du sport, professionnels de la santé, professionnels de la culture, professionnels du tourisme, citoyens, entreprises, entreprises individuelles, collectivités, élus et techniciens, établissements scolaires, services de l’Etat…
La diversité c'est notre culture.

En même temps que nous affichons le fait associatif et ce qui le caractérise dans ses modalités de fonctionnement (gestion désintéressée, engagement bénévole…), nous pensons que le REN est partie intégrante d’une toile complexe ouverte à l’ensemble des acteurs de l’EEDD. Le REN est une association de loi 1901, qui s’inscrit dans la défense de l'intérêt général, la solidarité dans l’espace et le temps et qui est partie intégrante du champ de l’Economie Sociale et Solidaire.

L’EEDD c’est informer, sensibiliser, former et éduquer partout, pour tous et tout au long de la vie.

L’association REN dont les statuts ont été déposés en 90 doit être vue comme un organe apportant de la vitalité au réseau et en aucun cas comme étant le réseau lui-même. Le réseau des acteurs de l’EEDD est bien plus large et concerne bien plus de monde que les 280 adhérents directs du REN.
Le coeur du réseau est bien constitué par les centaines d’adhérents des structures adhérentes au REN et c’est avec tous ceux-là, évalués à 1000 personnes physiques et 1000 personnes morales, que nous devons agir et nous rendre utile. Adhérents ou pas, salariés, bénévoles… s’impliquent collectivement pour faire vivre plus fort, plus intensément le grand réseau des citoyens désireux devoir l’EEDD s’épanouir à hauteur des enjeux.

Une personne participant à une rencontre régionale ou nationale ou à tout autre évènement est en droit de se sentir du réseau sans verser de cotisation à quiconque. Il y a d'autres manières de participer et de se rendre utile que d'acquitter une cotisation.
Mais sans adhérer une personne ne peut pas intervenir sur le destin de l'association Réseau Ecole et Nature.
Pour une vision du monde partagée, solidaire et responsable.

Le projet du REN s'inscrit dans la protection du vivant. Ce projet est aussi tourné vers une éducation sociale pour aller vers la nécessaire métamorphose et sortir de cette crise sociale, écologique omniprésente.
Le REN promeut une éducation populaire, laïque, émancipatrice et humaniste qui s’appuie sur la rencontre du vivant et l'action immédiate. Cette éducation participe à la conscience de notre propre place en tant qu’être humain dans la
nature, dans la cité et dans le monde. Le REN doit être une aide pour faire ensemble, un appui pour l’action.
Une éducation au vivant : Nature, terrain et territoire...

Nous réaffirmons notre pratique d'éduquer à, dans, par et pour la nature et l'environnement. Si les réseaux de l’EEDD se caractérisent par l'action de terrain incluant l'espace urbain, nous nous plaçons aussi comme des acteurs sur un territoire, dans lequel la dimension humaine occupe une grande place. C'est cette éducation ancrée dans les territoires que nous considérons comme un levier efficace, cohérent avec nos valeurs devenant réalité par la participation citoyenne.

… et au développement durable

Nous retrouvons dans nos échanges l'idée d'une acquisition progressive du concept de développement durable, une appropriation, mais aussi le besoin d'une déconstruction pour proposer notre propre vision du développement durable : compter et partager les richesses autrement, promouvoir l’intelligence collective et l’hétérogénéité comme facteur de richesse, réhabiliter une forme de lenteur et le droit à l’erreur dans tout apprentissage, donner sa place au féminin, agglomérer les initiatives créatrices…

2/ Une organisation en réseau

Le REN dans un paysage complexe de l'EEDD

Le paysage de l'EEDD s'est complexifié ces dernières années. La question des relations entre le REN, les Réseaux territoriaux, le CFEEDD, l’ENC, les ETC reste posée et trouve sa réponse dans le cheminement collectif. C’est en tant que membre de la société civile que le REN se positionne dans le paysage de l’EEDD, en première ligne dans le dialogue avec les pouvoirs publics locaux et nationaux.


REN et Réseaux territoriaux

Les objectifs prioritaires des réseaux territoriaux, GRAINE(s), ARIENA, REEB, CREEA, Plateforme Franc-comtoise, réseaux départementaux et infra-départementaux sont d'accueillir, d'échanger, de mutualiser, d'innover, de créer pour ceux qui font l'EEDD. Ils participent à la mise à disposition de moyens d'échange, d’outils, de dispositifs.

Forme d'organisation : réseau, collectif, espace.

Le réseau met en relation de façon horizontale les acteurs EEDD (personnes physiques ou personnes morales). Il est ouvert, se propageant il ne connait pas de limite dans l’espace. Il se constitue sur l’échange entre les acteurs dans leur diversité. Il est un lieu de conception collective de projets et d’élaboration d’une culture commune. Écoute, fraternité, convivialité sont des principes constitutifs du réseau. Le réseau fonctionne sans sommet ni centre, il n’est pas hiérarchique. Il ne se contrôle pas, mais s’autorégule. Il permet une grande réactivité. L’information se propage rapidement par l'intermédiaire de ses membres qui sont autant de relais d’information. Sa durée de vie dépend de la mobilisation de ses membres.

Le Réseau c’est aussi un laboratoire social multipolaire qui exprime la complexité, l’intensité de l’action, la bienveillance, la transparence et la convivialité. Le Réseau est un assemblage d’acteurs libres connecté, centré sur son objet (EEDD), il est impliquant et permet à chacun de pouvoir s'investir en fonction de ses possibilités, compétences et envies. La richesse de ce mode d’action est sa capacité à combiner une pluralité d’intérêts et de points de vue différents.

Le collectif rassemble le plus largement possible des acteurs organisés et diversifiés qui se mobilisent pour le développement de l’EEDD. Le collectif tend à devenir légitime et représentatif, il vise à faire le poids. Son but est de trouver le moyen de s'inscrire dans le rapport de force avec l’autorité publique. Dans le collectif, les intérêts de chacun peuvent être différents, mais l’objet du collectif est partagé par tous. Le collectif est un instrument de dialogue. Désignant des porteparoles, le collectif définit des propositions et des orientations qui tendent à influer la politique du territoire.

L’Espace Territorial de concertation (ETC) met autour de la table l’ensemble des parties prenantes du territoire : Services de l’Etat, collectivités, associations, syndicats, entreprises et acteurs territoriaux organisés à d’autres échelles. Les participants sont tous sur un pied d’égalité, aucun n'est au centre. L’ETC définit une stratégie territoriale de l’EEDD dans lequel tous se reconnaissent et il assure un suivi de sa mise en oeuvre. Il produit une culture commune entre les personnes issues des différentes sphères. L’espace de concertation n’a de sens qu’à partir du moment où les acteurs associatifs sont en capacités de s’organiser et porter une parole dans ces espaces.
Aujourd’hui, le REN considère que les systèmes de concertation sont les modes d’organisation à privilégier.

3/ Une entrée pédagogique forte

L’EE vise à faire comprendre la complexité du monde auquel nous appartenons, à éveiller l’esprit critique pour agir et vivre ensemble. L'EEDD vise l'autonomie de l'individu. Notre entrée c’est l’éducatif, l’émancipation, l’écoute, le développement de l'aptitude à participer au débat.

La pédagogie du vivant

L’éducation à la nature, dans la nature. Ce contact avec le terrain, l’importance du réel, le contact direct avec les éléments et l’objet étudié sont des étapes fondamentales de construction de l’individu, pour mieux vivre ensemble.

La pédagogie par la diversité

Diversifier les approches, alterner les méthodes… le participant est acteur de son apprentissage. L’EEDD c’est permettre l’expérimentation, réhabiliter le processus essai-erreur. Nous avons la volonté de développer la recherche-action, l'expérimentation, et valoriser, des pratiques exemplaires, des initiatives territoriales et les développer à l’échelle nationale et au-delà.

Des pédagogies actives

La pédagogie de projet, qui avait une grande place dans nos actions toutes ces années, a préparé le terrain pour toutes les méthodologies participatives et les diverses approches (sensorielle, scientifique, imaginaire, émerveillement...) amenant chacun à être acteur. Désireux d'éviter les pratiques d’injonctions comportementales le REN développe une éducation basée sur la transmission, la construction et l'accompagnement (avoir soin de, prendre soin de, être attentif à).

La pédagogie du partenariat

Le REN se reconnait d'une culture partenariale travaillant avec les services de l'Etat, les collectivités et les entreprises. Il est favorable à l’ouverture permanente à d’autres réseaux du champ de l’ESS, de l’éducation au développement, à la solidarité internationale, à la citoyenneté, à la culture, à la santé, au sport…

De même le REN affirme l'importance du partenariat avec le monde de la recherche et de l'université. Les acteurs du réseau favorisent de plus en plus les liens avec les chercheurs en pédagogie, en éducation. Le réseau soutient ces initiatives et s'y implique en accueillant sur ses temps forts, rencontres, séminaire, congrès, ses compagnons de route.

La culture partenariale se traduit aussi concrètement par l’importance que l’on accorde au choix des lieux pour tout type de rencontre que nous organisons. Le souhait est là, d'aller toujours vers plus de cohérence entre le propos éducatif et ce que nous vivons au quotidien.

Le projet du REN c’est peut-être surtout l'absence de prosélytisme.